Le numéro 182 en vente jusqu'au 06 janvier
Presse Pontissalienne 182

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Précarité

Une visite au “P’tit panier”, l’épicerie solidaire créée en 2008 à Pontarlier suffit à prendre conscience d’une réalité qui gagne du terrain partout. Et même dans cette petite enclave de prospérité qu’on a souvent l’habitude de présenter comme privilégiée car soutenue par la vitalité suisse : le Haut-Doubs. Cette année, c’est un vrai cri de désespoir que poussent les bénévoles du P’tit panier devant la pénurie de produits à laquelle ils doivent faire face, et peut-être pire encore, les conditions dans lesquelles sont accueillis les bénéficiaires de cette aide alimentaire et travaillent les personnes qui œuvrent pour eux. Cette situation est le symptôme d’une France dont le modèle social est arrivé à saturation faute de moyens. Cette image de pénurie est d’autant plus choquante ici, dans un Haut-Doubs où se concentrent les principaux contribuables du département, au mode de vie parfois ostentatoire, et la précarité rampante qui touche désormais jeunes sans emploi et retraités locaux aux maigres pensions. Cette situation dégradée risque hélas de ne pas aller en s’arrangeant, du moins pour ces toutes prochaines années. Car il s’agit là d’un cercle vicieux difficile à enrayer avec d’un côté des collectivités locales chargées la plupart du temps de soutenir les associations caritatives et de l’autre ces mêmes collectivités prises dans l’étau des baisses de moyens alloués par l’État et qui sont contraintes de revoir à la baisse leurs contributions. On le voit d’autant plus cette année à l’heure où la Ville de Pontarlier est sur le point de boucler son budget pour l’année 2015. Contrairement à l’État qui se permet encore de boucler des budgets déficitaires, les collectivités locales et territoriales n’ont pas le droit, elles, de voter un budget en déficit ne serait-ce que d’un centime d’euro. Et pour tenter de pallier les baisses historiques de dotations de l’État, n’ont d’autres moyens que d’augmenter la fiscalité locale et dans le même temps - le maire de Pontarlier l’a annoncé - de se résoudre à baisser les aides attribuées aux associations. Ces mêmes associations, à l’image d’un P’tit panier dans l’incapacité d’accueillir dignement ses bénéficiaires toujours plus nombreux, ne peut même plus compter sur la puissance publique pour soutenir l’effort de ses bénévoles. Quand l’État-providence démissionne, c’est en cascade, tout un pan de la société qui risque de s’écrouler. Au plan local, on constate déjà les premiers dégâts concrets.
Jean-François Hauser

Sommaire
Une nouvelle piscine pour Pontarlier.
Les élus ont tranché et ont préféré le projet de piscine à celui de médiathèque. Ils assument leur choix.
 
Pontarlier et C.C.L. : les impôts locaux vont augmenter.
Le bouclage du budget communal et intercommunal est particulièrement compliqué.
 

Précarité : l'autre facette du Haut-Doubs.
Un reportage au cœur des associations qui s'investissent au quotidien pour les plus démunis.

Et 52 pages d'informations sur Pontarlier et le Haut-Doubs.

JeanFrançois HAUSER

Directeur de la rédaction