Numéro 199 en vente jusqu'au 31 mai 2016
Presse Pontissalienne 199

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Edito

Danaïde

C’est par ricochet que le riverain du Grand Pontarlier, qui n’y est strictement pour rien, se retrouvera à payer 12 % d’impôts en plus lorsqu’il recevra à l’automne prochain ses feuilles d’impôts locaux, taxe d’habitation et taxe foncière principalement. Par ricochet parce que la communauté de communes du Grand Pontarlier n’aurait pas pu faire autrement, explique son président dans nos colonnes ce mois-ci, pour faire face aux baisses de recettes que lui a annoncé l’État. Par ricochet donc, ce serait l’État le grand fautif à entendre Patrick Genre qui a finalement dû se résoudre à appuyer sur l’accélérateur fiscal pour boucler un budget de plus en plus contraint. Il a, en partie, raison de mettre sur le dos de l’État cette spectaculaire hausse d’impôts car on ne peut tout de même pas accuser le Grand Pontarlier d’une gestion calamiteuse des deniers publics. L’État est fautif car tout le monde paye aujourd’hui quarante ans de laisser-aller budgétaire. Tandis que l’Allemagne a voté encore cette anné un budget en équilibre, c’est-à-dire avec autant de dépenses que de recettes, la France tente de réduire au maximum un déficit trop longtemps creusé. Telle une Danaïde condamnée à remplir sans fin un tonneau percé. Impossible mission à laquelle elle doit pourtant s’atteler, et la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales fait partie du traitement de choc. On comprend aisément la colère des élus locaux à qui on demande des efforts inhabituels et à qui la loi interdit de voter des budgets en déséquilibre. Ces mêmes principes de vertu que l’État ne s’applique pas à lui-même. Aujourd’hui - et ce n’est peut-être finalement pas un mal -, les collectivités locales, communes, communautés de communes, Départements et Régions, sont désormais contraintes de gérer leur budget comme le ferait une famille, économisant ceci pour s’acheter cela, et sans vivre, comme le fait impunément un État français obèse mais exsangue depuis des décennies, au-dessus de ses moyens. Le dernier budget excédentaire de la France remonte à l’année… 1974. La Préhistoire. Cette période de vaches maigres que traversent douloureusement les collectivités locales a peut-être un mérite au moins, celui de démontrer que la puissance publique ne peut plus dépenser plus qu’elle ne gagne. Cela vaut naturellement pour l’État, mais aussi pour le Grand Pontarlier dont la Chambre régionale des comptes examine en ce moment la gestion.
Jean-François Hauser

Sommaire
Les entreprises qui dynamisent le Haut-Doubs.

Le classement des 50 plus gros chiffres d'affaires du territoire. Chiffres et analyses.
 

Plus de 1 000 emploi frontaliers menacés.
Côté suisse, l'incertitude plane sur le front de l'emploi.

"Pourquoi on augmente les impôts de 12%."
Patrick Genre, le président de la communauté de communes du Grand Pontarlier, s'explique sur cette hausse inédite des impôts locaux.

Et 44 pages d'informations sur Pontarlier et le Haut-Doubs.

Jean-François HAUSER

Directeur de la rédaction