Le numéro 184 en vente jusqu'au 04 mars
Presse Pontissalienne 184

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Séisme

“Tu fais quoi comme boulot ?” demande l’un. “Je suis frontalier” répond l’autre. Frontalier : le terme est devenu une bannière, un étendard, un métier à part entière. Derrière ce terme que d’aucuns envient en ces temps où le franc suisse s’envole ne se cachent pourtant pas que des métiers hautement qualifiés. Il y a les petites mains de l’horlogerie qui assemblent à longueur de journée des pièces, il y a aussi ces opérateurs sur des machines industrielles, et ces serveurs dans les bars ou les restaurants helvétiques. Il y a ces milliers de travailleurs qui passent des heures quotidiennes dans leur voiture, ces hommes et ces femmes qui paient de lourds impôts et des cotisations santé revues à la hausse. Il y a aussicette ambiance de travail, un peu spéciale parfois, où suspicion et jalousie sous-tendent les rapports entre collègues, les Suisses d’un côté, les “pendulaires” de l’autre. Mais unanimement, sans doute parce que tous les frontaliers travaillent pour une industrie à la pointe de l’innovation, pour des marques prestigieuses ou pour des établissements de renom, il y a cette fierté du travail bien fait. Si bien, on l’a dit, que frontalier est devenu un métier. L’actualité récente du déplafonnement du franc suisse a remis en pleine lumière la situation de ces salariés qui, sans travailler plus, ont du jour au lendemain vu leur fiche de paye bondir de 20 % par le seul jeu des monnaies. Si cette nouvelle est bonne à prendre de prime abord pour eux, ensuite pour l’économie et le commerce de ce côté-ci de la frontière, il n’y a sans doute que peu de raisons de se réjouir. Car si cette parité exceptionnelle du franc suisse par rapport à l’euro perdure, c’est tout un pan de l’économie locale qui risque d’être ébranlé. L’Arc jurassien, entité quasiment unique en Europe puisque frontalière de deux pays dont l’un est dans l’euro et l’autre en dehors, tient pour l’instant sa prospérité du subtil équilibre entre d’un côté un espace où règne le quasi-plein emploi dû à un système économique qui favorise la croissance et de l’autre, côté France, un territoire moins favorisé économiquement mais riche d’une main-d’œuvre abondante et très bien formée. Non, le coup de tonnerre provoqué le 15 janvier dernier par la Banque Nationale Suisse n’est pas une bonne nouvelle pour la sérénité de l’emploi. Qu’il soit serveur, ouvrier qualifié, manutentionnaire, chauffeur ou cadre, le “frontalier” s’il est lucide, ne peut pas se réjouir de ce séisme monétaire. n
Jean-François Hauser

Sommaire
Le franc suisse atteint des records : quelles conséquence à long terme ?
Derrière l'effet d'aubaine, l'envolée du franc suisse est peut-être un vrai danger pour l'emploi frontalier.
 
L'hôpital de Pontarlier en pleine forme.
Après des années difficiles, le centre hospitalier retrouve l'équilibre financier.
 

Nestlé : une production record.
L'usine Nestlé de Pontarlier est le premier site européen pour la production de poudre chocolatée.

 

Et 44 pages d'actualité du Haut-Doubs.

 

Jean-François HAUSER

Directeur de la rédaction