La Presse Pontissalienne 223 - Mai 2018

RETOUR SUR INFO 2 La Presse Pontissalienne n° 223 - Mai 2018 L a Société Générale, La Banque Populaire, B.N.P. Paribas, la Caisse d’Épargne… ont annoncé ces dernières semaines leur pro- jet de fermeture de plusieurs centaines d’agences bancaires en France pour répondre à la baisse de la fréquentation et la montée en puissance des services en ligne proposés par le réseau bancaire traditionnel et de nouveaux acteurs. Le Crédit Agricole Franche-Comté par la voix de sa présidente et sa directrice générale, a décidé d’aller à contre-courant de ce mouve- ment et réaffirmé le 24 avril dernier à la saline d’Arc-et-Senans ses valeurs de proximité et son engagement sur le territoire. “Nous avons décidé de ne fermer aucune de nos 133 agences bancaires au cours des prochaines années. Nous allons engager un projet de rénovation de 120 agences sur les 5 prochaines années. Notre projet est 100 % humain et 100 % digi- tal. Mais ce projet s’inscrit dans une logique de gagnant-gagnant sur le territoire. À l’horizon 2020, tous nos services seront 100 % en ligne. Nos clients auront le choix entre nos services en ligne ou en agence et ils pourront faire les deux. Le digital doit nous permettre de nous réinventer, de dégager du temps à nos équipes pour être plus présent et mieux accompagner nos clients dans les événements de la vie” pré- cise Élisabeth Eychenne, directrice générale. Outre cette annonce forte, le Crédit Agricole Franche-Comté a dévoilé ce 24 avril devant très nombreux représentants du monde du tou- risme sa stratégie en matière de tourisme et le rôle qu’entend tenir la banque régionale dans les prochaines années. “Nous croyons en ce secteur d’activité, car il est porteur de déve- loppement économique de proximité. Nous devons être un facilitateur des projets, c’est- à-dire que nous devons intervenir plus en amont dans les dossiers des porteurs de projets. Nous pouvons apporter certes le financement mais aussi une expertise plus large. Le tourisme génère de la richesse économique et il est un axe fort du développement économique. Les acteurs du tourisme partagent les mêmes valeurs et la même ambition pour faire vivre nos terri- toires” commente Élisabeth Eychenne. n L a R.N. 57 va être cou- pée à la circulation du 4 au 15 juin, soit deux semaines pleines, pour per- mettre à l’O.N.F. de procéder à la coupe de près de 5 000 m 3 de bois pour le compte des communes de La Cluse-et-Mijoux, Touillon- et-Loutelet et Les Hôpitaux- Vieux, riveraines de la R.N. “Une opération gagnant- gagnant selon Thomas Vil- lalba, responsable de district à la D.I.R.-Est, car ces coupes vont permettre de supprimer certains risques l’hiver, notam- ment en augmentant la durée d’ensoleillement sur cette por- tion de route souvent à l’om- bre, et éviter aussi que des arbres ne puissent être fragi- lisés par la neige.” Cinq équipes de bûcherons de l’O.N.F. seront mobilisées pour cette coupe d’envergure. Afin de réduire les nuisances pour les usagers de la route, la D.I.R.-Est souhaite “astrein- dre l’O.N.F. à rouvrir la Natio- nale le week-end du 9 juin.” Durant ces deux semaines, une déviation sera mise en place pour les usagers de la R.N. 57 via la R.D 437 (la route des lacs) ou la R.D. 44, la route de Montperreux, jusqu’au giratoire des Hôpitaux-Vieux. “La circulation des poids lourds, elle, sera déviée par Frasne.” Les “réjouissances” ne sont pas pour autant terminées pour les automobilistes car la D.I.R.-Est annonce égale- ment son intention de “refer- mer la R.N. 57 pendant une semaine fin août ou début septembre.” But de l’opéra- tion : “Refaire la couche de roulement” sur cet axe dégradé par les intempéries et la multiplication des poids lourds. n D epuis la fin de l’année der- nière, le magasin de détail était fermé. Depuis fin mars, Lau- rent Ramis ne livre plus les collecti- vités. Cette activité de grossiste en fruits et légumes représentait 80 % de l’activité de l’entreprise. Et au 31 mai prochain, le bâtiment de la rue Denis-Papin sera vendu. Laurent Ramis met un terme à une saga familiale vieille de plus de 104 ans et dont nous avions relaté l’his- toire dans notre édition de mai 2016. Laurent Ramis a donc décidé de tourner la page alors que l’activité fonctionnait encore à plein régime. “Nous avons encore fait un super bilan en 2017. Mais au bout de trente ans en ce qui me concerne, l’acti- vité était trop prenante, je n’ai pas pu prendre une seule fois des vacances, j’ai ressenti le besoin de souffler un peu” justifie le patron dont les huit salariés devraient, espère-t- il, retrouver du travail assez rapide- ment. C’est une entreprise de Doubs, Micro Érosion, spécialisée dans la méca- nique de précision avec 35 salariés, qui reprend les locaux vendus par Laurent Ramis. Ce dernier conserve néanmoins sa société mais se réoriente dans une autre activité, “histoire d’aller jusqu’à la retraite” dit-il. La société Ramis amis avait été fon- dée en 1914 par le grand-père de l’actuel dirigeant, prénommé déjà Laurent, venu des Baléares rejoin- dre un oncle et sa femme à Pontar- lier installés dans une minuscule bou- tique de fruits et légumes du côté de Saint-Roch. Son fils Antoine, puis son petit-fils Laurent ont su faire prospérer l’entreprise familiale qui a atteint l’âge vénérable de 104 ans. Une page se tourne. n Laurent Ramis met fin à l’activité après trente ans de travail au sein de l’entreprise familiale (photo archive L.P.P.). Fruits et légumes : fin de la saga Ramis Deux semaines de fermeture en juin + une semaine à la fin de l’été L’actualité bouge, les dossiers évoluent. La Presse Pontissalienne revient sur les sujets abordés dans ses précédents numéros, ceux qui ont fait la une de l’actualité du Haut-Doubs. Tous les mois, retrouvez la rubrique “Retour sur info”. “Nous avons décidé de ne fermer aucune agence” Sur la section concernée par la fermeture, 10 000 véhicules passent tous les jours. Galères Qu’est-ce qui pourrait inciter le tra- vailleur frontalier à laisser sa sacro- sainte bagnole au garage pour choi- sir un mode de déplacement plus sobre et moins coûteux ? Hélas, pas grand- chose. Et ce n’est pas le mouvement de grève perlée prévu jusqu’au mois de juin qui pourrait faire opter pour le train. Quand ce ne sont pas les grèves - jus- tifiées ou non, ce n’est pas le sujet -, ce sont les pépins mécaniques qui entra- vent le bon fonctionnement des lignes ferroviaires frontalières, ou alors l’inex- plicable manque de cadencement des trains français et suisses qui fait que, parfois à deux minutes près, une liai- son ne peut pas se faire en gare de Vallorbe par exemple. Les autorités organisatrices des transports régio- naux - pour nous le Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté -, ont beau crier haut et fort qu’elles font tout pour encourager les déplacements par le train, ce n’est pas vrai. Si tel était le cas, si les horaires étaient adaptés, si les cadencements étaient réguliers, si le service était à la hauteur de l’attente, les travailleurs frontaliers préféreraient sans doute voyager par le train que de s’engluer tous les soirs dans le bou- chon de Pontarlier. Il reste aussi le covoiturage, là encore encouragé par quelques initiatives officielles sans doute plus coûteuses qu’elles ne rap- portent vraiment, mais perdre une heure dans des encombrements seul, à deux ou à quatre ne change finalement pas grand-chose au quotidien de ces pen- dulaires. Alors si d’un côté les efforts sont insuffisants pour assurer la péren- nité des petites lignes régionales et transnationales et que de l’autre, la fiabilité du service ferroviaire est entra- vée ne serait-ce que tous les cinq ans par des grèves aux dégâts incom- mensurables sur l’économie tout entière et l’image même du train comme mode de transport moderne, on serait en droit d’espérer que du côté de la route, les perspectives soient plus réjouis- santes. Sur ce front-là, hélas, on ne peut pas dire que les efforts constants que déploient pourtant les élus locaux soient franchement payants. Le covoi- turage aurait sans doute de beaux jours devant lui si la fluidité du trafic trans- frontalier était assurée. Les cheminots défendent actuellement un statut auquel ils s’accrochent désespérément. Il y a aussi ici des salariés, sans statut assuré, qui ont leurs propres galères tout aussi peu enviables. n Jean-François Hauser Éditorial est éditée par “Publipresse Médias”- 1, rue de la Brasserie B.P. 83 143 - 25503 MORTEAU CEDEX Tél. : 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81 E-mail : redaction@publipresse.fr S.I.R.E.N. : 424 896 645 Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Directeur artistique : Olivier CHEVALIER Rédaction : Frédéric Cartaud, Édouard Choulet, Thomas Comte, Jean-François Hauser. Ontcollaboréàcenuméro :LisaCallens,MagalieTroutet. 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