La Presse Pontissalienne n°172 - page 22

MONT D’OR
Un frein au développement local
MOUTHE - RÉGION DES LACS
22
L’eau du Mont d’Or,
un dossier en panne sèche
“O
n n’a pas beaucoup
avancé sur ce dossier.
On a envoyé par le
biais de la communauté de com-
munes un courrier à R.F.F. pour
savoir s’il nous autorisait à extra-
ire cette eau. La solution du tun-
nel est la plus logique mais elle
pose aussi des contraintes de
sécurité et de protection. Il faut
anticiper tout risque d’accident
comme une rupture de canali-
sation ou le déraillement d’un
train de voyageurs ou de mar-
chandises qui peut convoyer des
matières dangereuses. Avec ce
courrier, on pense qu’on va pou-
voir aboutir car il semble qu’on
ait enfin trouvé le bon interlo-
cuteur chez R.F.F.”
, explique
Claude Jacquemin-Verguet, le
maire des Longevilles-Mont-
d’Or et président de la com-
mission de pilotage en charge
de l’eau potable. Quand on lui
demande s’il a retrouvé confian-
ce, l’élu se garde bien de confir-
mer :
“Depuis le temps qui cela
traîne”
, répond-il laconiquement.
Personne ne doute du potentiel
de la ressource à l’intérieur du
tunnel en qualité et en quanti-
té. Pour s’en convaincre, il suf-
fit de voir ce qui ressort du côté
de Vallorbe.
“Les Suisses étu-
dient la possibilité de turbiner
cette arrivée d’eau qui sort dans
la partie française du tunnel. Ils
seraient prêts à réviser leur posi-
tion si cette ressource devait ser-
vir à couvrir les besoins en eau
potable de la population.”
Claude Jacquemin-Verguet juge
utile de préciser qu’un captage
public ne remettrait pas en cau-
se le projet O’Barth. La com-
mune des Longevilles a toujours
en réserve du terrain commu-
nal en vue d’y installer une usi-
ne d’embouteillage en lien avec
la source découverte par Robert
Droz-Bartholet. Une affaire qui
dure depuis plus de dix ans sans
avoir avancé non plus d’un pou-
ce.
N’étant propriétaire de rien du
tout, le porteur de projet n’a
aucun moyen d’action. Que se
passerait-il si R.F.F. répondait
négativement à la demande des
collectivités ? Difficile de
répondre. Seule chose sûre :
“Au
niveau des communes, on s’op-
posera à d’autres forages quand
on voit les résultats des tenta-
tives menées par le Conseil géné-
ral.”
La commune des Longevilles-
Mont-d’Or a la chance de pou-
voir bénéficier de captages qui
couvrent encore largement les
besoins de la population. Seules
les fermes des Longevilles
Hautes sont alimentées par l’eau
du lac Saint-Point.
“On aura jus-
te besoin d’investir dans la mise
en place des périmètres de pro-
tection. C’est un chantier coû-
teux mais bien subventionné.”
La situation àMétabief est beau-
coup plus inconfortable.
“On est
vraiment pénalisé. On ne peut
plus construire ni lotissement,
ni zone artisanale”
, explique
Gérard Dèque, lemaire. Le prin-
cipal captage de la commune
n’est pas protégeable pour
diverses raisons même si la qua-
lité de cette eau ne pose pas de
souci.
“On a un petit forage au
Crêt de la Chapelle qui devrait
nous fournir 20 m
3
en plus. Ce
qui permettrait de couvrir nos
besoins actuels.”
Le problème de
la petite station réside dans une
consommation très fluctuante
qui peut varier du simple au
triple selon que l’on soit en hau-
te ou en basse saison touristique.
D’où l’importance de faire des
prospections complémentaires,
ce qui est prévu à la sortie de
Métabief en allant en direction
des Longevilles.
Métabief prévoit
d’entreprendre de
nouvelles
protections sous
le lotissement en
direction des
Longevilles, là où
émerge ce
curieux poêle.
LABERGEMENT-SAINTE-MARIE
Une alternative à la voiture
Dernier arrêt avant la frontière
L’ouverture de la halte ferroviaire à Labergement-Sainte-Marie s’inscrit
comme une alternative à destination des frontaliers
qui vont travailler en voiture à la Vallée de Joux. Inauguration.
I
l est des événements plus heureux
que d’autres. Cette remise en ser-
vice de la gare de Labergement-
Sainte-Marie en fait partie.
“Ce
n’est pas tous les jours qu’une halte fer-
roviaire retrouve dumouvement”
,appré-
cie Claude Page, le maire de la com-
mune. Cet arrêt était en sommeil depuis
trente ans. Seuls les anciens se sou-
viennent encore des trains de mar-
chandises qui faisaient halte ici. Le
présent rattrape le passé à la grande
joie d’un maire qui voit dans cet évé-
nement de belles promesses.
“Cet évé-
nement peut améliorer l’attractivité
des commerces autour de la gare. Je
souhaite de tout cœur l’accroissement
de la fréquentation de cette halte fer-
roviaire. J’espère voir aussi un second
train s’y arrêter et qu’il soit mieux calé
sur les horaires des entreprises de la
Vallée de Joux.”
Aux dires des premiers usagers, il sem-
blerait que le T.E.R. Pontarlier-Val-
lorbe qui passe à 5 h 50 à Laberge-
ment arrive un peu trop tôt chez nos
amis suisses. Claude Page joue les
visionnaires. Il estime
qu’il serait fort bien vu
d’ouvrir cette ligne à tout
le monde et d’associer à
la gare un vaste parking
de co-voiturage destiné
aux employeurs suisses
qui ont mis en place des
bus de ramassage de
frontaliers.
L’heure est aussi à la
satisfaction pour la
Région Franche-Comté
en charge du finance-
ment de cette halte fer-
roviaire. Elle a investi
52 048 euros dans cet
aménagement.
“Ici, le
plaisir est double. On inaugure une
offre de transport T.E.R. et un nouvel
épisode de coopération transfrontaliè-
re”
, indique Marie-Guite Dufay, la pré-
sidente du Conseil régional.
La ligne Pontarlier-Frasne-Vallorbe a
été remise en circulation en
décembre 2012.Elle accueille enmoyen-
ne 70 voyageurs par jour. Suffisam-
ment pour prolonger l’expérience.
“Le
potentiel est immense quand on sait
qu’il passe 14 000 véhicules par jour
à la douane du Creux à Vallorbe. D’où
l’intérêt de proposer une alternative à
la voiture.”
La présidente de Région
sait qu’il faudra renforcer les inter-
modalités bus-train avec les entre-
prises suisses.
“On doit ouvrir lesT.G.V.
Lyria aux frontaliers pour élargir l’offre
de retour depuis Vallorbe. L’attracti-
vité de cette ligne passe aussi par l’har-
monisation des tarifs entre Vallorbe et
la Vallée de Joux. Grâce à tout ce tra-
vail, il y aura plusieurs trains qui s’ar-
rêtent à Labergement.”
F.C.
“Nous
rouvrons
une halte
ferroviaire
fermée il y
a 30 ans”,
rappelle
Marie-Guite
Dufay.
La Presse Pontissalienne n° 172 - Février 2014
En
moyenne
70
voyageurs
par jour.
Face à l’échec des forages, beaucoup s’interrogent sur les lenteurs à concrétiser un captage à
l’intérieur du tunnel ferroviaire. Quelques gouttes d’espoir semblent se dessiner.
Le T.E.R.
Pontarlier-
Vallorbe
s’arrête à
Labergement-
Sainte-Marie
depuis le
16 décembre
2013.
Pour tout le monde, la solution du problème réside dans le
tunnel ferroviaire qui abrite assez d’eau pour
satisfaire aux besoins des communes sans
compromettre le projet de Robert Droz-Bartholet.
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